Maître Henri, « Lou Gran Recuraïre »

30 Avr 2016 by

En 1872 naît Fernand HENRI, un de ces personnage « haut et en couleur » que compte Castillon du Gard.

D’une mère épicière et d’un père agriculteur, Ferdinand HENRI, prend naturellement la suite de son père, qui le forme au travail de la terre.

Ayant des prédispositions pour la littérature, Ferdinand s’achète de nombreux livres, ainsi qu’un large chapeau, à la manière de Frédéric MISTRAL, un de ses maîtres à penser et se laisse pousser barbe et cheveux.

Il n’est pas rare de le voir alors, déambuler en récitant les vers de ses poètes favoris, ce qui bien sur, le fait passer pour un original dans le village.

Un jour, durant la période des vendanges, cet autodidacte achète un pressoir ambulant tiré par un mulet, et bien entendu, ceux qui le critiquent le plus, font appel à lui pour presser le raisin.
Il invente l’ancêtre de la sulfateuse : « Il installa des conteneurs sur sa charrette et les remplit de sulfate de cuivre tout en injectant de l’air sous pression » .

MaitreHenri

Au début des années 1900, il achète une remise au Castellas et après s’être procuré un appareil de projection, la transforme en cinéma : Le Cinéma des Anges.
Castillon fut alors la seule commune dans la région à posséder un cinéma !!!
« Une fois de plus, M. HENRI démontra ses talents, sa passion, sa curiosité aux choses de la vie ».
Intarissable conteur, doué d’une mémoire prodigieuse, avant le début de chaque séance, il narre quelques contes et légendes, dont il a seul le secret.
Malheureusement, un incendie détruit le cinéma et Fernand HENRI se tourne vers d’autres activités.

MAITRE HENRI CARTE POSTALE

Il décide, par passion bien sur, de devenir tailleur d’oliviers et obtient rapidement le diplôme le consacrant à cette discipline.
Il s’accapare le titre de « Maître » dans les annonces qu’il fait passer dans les journaux : « Maître HENRI se loue pendant la période de la taille des oliviers, … » et devient le plus célèbre tailleur d’oliviers de la région … et l’un des plus tenaces coureurs de jupons !!!

Le « Gran Recuraïre », qu’on peut traduire par le « Grand Nettoyeur», achète une chapelle vers le rond-point du chemin du Bosquet, qui devient son domicile.
Ornée d’anges, cette chapelle possède un petit clocher dont « Maître HENRI », bien entendu, sonne les cloches le soir venu.

Après bien des péripéties, c’est dans les années cinquante qu’il nous quitte et s’en va retrouver « ses anges ».

Un hommage lui est rendu au bureau de poste de Castillon.

Comme moi, Vous pouvez lire son histoire complète, ainsi que d’autres histoires locales, dans le livre de Roger PEYRO « La Jeanne, le Paul, l’Edmond et les Autres… » aux éditions LACOUR, dont les passages en italiques de cet article sont extraits.

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